Dans de nombreux secteurs industriels, les salariés contournent les dispositifs de sécurité des machines pour gagner du temps ou maintenir la cadence. Ces shunts – qu’ils soient physiques ou logiciels – peuvent sembler anodins, mais ils exposent directement les opérateurs à des risques graves d’accident ou d’amputation.
Ce court-circuit supprimant une sécurité, souvent réalisé sans autorisation, fragilise tout le système de prévention en place.
🎯 Objectif : comprendre les dangers, le cadre réglementaire, et les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour éradiquer ces comportements dangereux.
1. ⚙️ Qu’est-ce qu’un shunt sur une machine ?
Un shunt, ou contournement de sécurité, consiste à désactiver ou neutraliser volontairement un dispositif de protection (capteur, interverrouillage, rideau lumineux, arrêt d’urgence, etc.).

Cela peut prendre plusieurs formes :
- Un fil électrique ponté pour simuler une porte fermée
- Une clé laissée en position « marche » sur un automate
- Un capteur déconnecté ou maintenu en position avec un objet
💡 Exemple : un salarié place un aimant sur un capteur de porte pour maintenir une machine CNC ouverte pendant son fonctionnement.
« Ces pratiques sont strictement interdites et très accidentogènes. »
INRS – ED 6122 – Sécurité des machines : responsabilités partagées
2. 📜 Ce que dit la loi : une interdiction sans équivoque
La réglementation européenne et française interdit clairement toute neutralisation de dispositifs de sécurité. Le Code du travail (articles R.4322-1 à R.4324-4) impose aux employeurs de maintenir les protections en état de fonctionnement.
🔍 Tout manquement peut engager la responsabilité pénale de l’entreprise ET du salarié en cas d’accident.
⚠️ Exemple : en 2023, une PME a été condamnée à 25 000 € d’amende après l’amputation d’un salarié ayant contourné une grille de protection.
👉 Lire l’article complet de préventionautravail : Sécurité des machines : une responsabilité partagée
3. 🩹 Des cas concrets aux conséquences dramatiques
Les faits divers industriels le montrent : les shunts causent des blessures graves, voire des décès. L’origine est souvent liée à la pression de production, au manque de formation ou à une culture sécurité défaillante.
💡 Exemple : un opérateur a été écrasé par une presse dont l’interverrouillage avait été désactivé pour accélérer le changement d’outils. Il est resté coincé 45 minutes avant l’intervention des secours.
« Le salarié ne savait pas qu’un collègue avait shunté la sécurité. L’accident était inévitable. »
[Source : témoignage recueilli sur Reddit /r/manufacturing]
🎯 Chaque shunt est un pari sur la vie. Et le coût humain dépasse toujours le gain de temps espéré.

4. ✅ Bonnes pratiques : prévenir et agir efficacement
Pour enrayer ces pratiques, il faut mettre en place des règles claires et partagées :
- Former les salariés aux risques et à l’usage des protections
- Mettre en place des procédures encadrées de dérogation (lockout/tagout, permis temporaires)
- Équiper les machines de dispositifs anti-shunt
- Encourager le signalement anonyme de contournements
💡 Exemple : une entreprise du secteur agroalimentaire a réduit de 70 % les shunts après avoir mis en place un système de QR code pour déclarer toute dérogation de sécurité.
👉 Consulter le guide INRS : ED 6122 – Sécurité des machines
âś… Conclusion
Les shunts de sécurité ne sont pas des petites infractions, ce « truc » pour augmenter la productivité ou réduire le temps de contrôle, ce sont de véritables failles critiques dans la protection des travailleurs. En tant qu’entreprise, mais aussi en tant que salarié responsable de sa sécurité et de celle des autres, nous devons agir en prévention, former nos équipes et responsabiliser chacun.

⚠️ Un shunt évité, c’est peut-être une vie sauvée.
👉 Sécurité des machines : les responsabilités partagées – préventionautravail.com
👉 le site dĂ©diĂ© de l’INRS sur ce sujet : SĂ©curitĂ© Machines
L’INRS diffuse Ă©galement une campagne d’information pour sensibiliser les employeurs et les prĂ©venteurs aux risques liĂ©s aux machines



